EXPO ANDY WARHOL A LA BOVERIE

Nous avons visité l’exposition Andy Warhol à la Boverie. Un dimanche matin nous sommes arrivés dans ce joli parc dans lequel nous aimons nous balader le weekend. La lumière matinale était vibrante et rendait l’atmosphère gaie et apaisante, une sensation qui nous fait tellement du bien. Car c’est bien là ce que nous recherchons en ces temps compliqués, se faire du bien. Et il y a mille façons simples d’y arriver, comme celle de déambuler dans un musée et se laisser emporter par nos émotions. 

 

Passé la porte du musée, vous êtes déjà envahi par un sentiment de bien-être. La blancheur des espaces et les chuchotements réguliers appellent au calme et au recueillement. Débarrassé de vos préjugés, vous voici d’un coup catapulté dans l’antre de l’univers d’Andy Warhol qui vous accueille par un autoportrait enveloppé du drapeau américain, dupliqué en 3 couleurs, en rouge, en noir et en bleu. Le ton est donné, votre balade ne sera qu’un enchantement visuel de couleurs pendant laquelle tous vos sens seront en éveil sur fond historique d’une Amérique mouvementée et en pleine expansion.

Les cartels sont en 4 langues, la claaasse ! De la naissance d’Andy en 1928 à sa mort en 1987, on vous y retrace les événements politiques et culturels marquants d’une grande partie du XXème siècle. Un siècle pour construire une société de consommation devenue incontrôlable. Un siècle pour créer une société infantilisée par un système qui aurait dû nous apporter le bonheur. Andy avait-il déjà bien compris l’arnaque ? En mettant en lumière de vulgaires produits de consommation, n’aurait-t-il pas voulu nous mettre la puce à l’oreille ? C’est ce que l’on aurait envie de penser en regardant aujourd’hui nos déchets s’accumuler comme des tas de machines à détruire notre planète. Pauvre Andy, si tu savais….

 

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos boîtes de « tomato soup ». Ce qui comptait pour Andy Warhol, c’était sortir l’objet de son quotidien pour en faire une œuvre d’art. Le point de départ ? La publicité. C’est par elle que l’artiste va assouvir son incroyable besoin de créativité et grâce à elle qu’il va dépasser les limites de la réalité existante.  La technique de la sérigraphie apparaît comme une évidence maîtrisée et lui permet de produire en série ses peintures. L’objet de consommation devient une image multipliée et vice et versa, illustrant le mode de vie américain en pleine mutation.

Les multiples facettes du maître du pop art éclatent au fil de la balade muséale. De la boîte de soupe de la marque Campbell’s à la boîte de savon Brillo, en passant par les portraits de Marylin et de Mao, presque tout s’expose en séries. Une frénésie s’empare de Warhol qui produit des images par centaines au même rythme que l’Amérique produit ses propres symboles de la consommation.

Chacun verra dans les œuvres d’Andy Warhol sa part de vérité. Personnellement ce qui m’a touché, c’est cette explosion de couleurs qui magnifient l’œuvre.  Le pouvoir de la couleur est bien réel et exerce une telle force sur l’image qu’on en est subjugué. Dans les séries de portraits le regard est absorbé par ces aplats de couleurs qui envahissent l’œuvre. Autant Andy Warhol affiche souvent un visage angoissé, autant Marilyn est resplendissante sur ses portraits et Mao n’a jamais eu l’air aussi enjoué.  Quoi que l’on retiendra de son œuvre,  on est ému par l’homme et son exubérance, fasciné par sa créativité débordante et curieux de connaître les mille et une explorations de la vie d’Andy Warhol.

L’exposition se visite comme une mini-rétrospective car elle présente la carrière de l’artiste suivant un parcours évolutif du début de ses sérigraphies jusqu’à la réalisation de films et la création de sa Factory, lieu culte pour les futures générations d’artistes. C’est là que se retrouve toute l’avant-garde new-yorkaise comme Jean-Michel Basquiat avec lequel il a collaboré dans la réalisation de plusieurs œuvres dont 2 sont exposées à la Boverie.

Dans le cadre de l’exposition Warhol, un festival est organisé autour de rencontres et d’événements que vous pouvez découvrir dans ce folio. L’exposition Andy Warhol se tient jusqu’au 28 février 2021 à la Boverie. La Tate Gallery à Londres avait organisé une rétrospective de l’œuvre de Andy Warhol du 12 mars au 15 novembre 2020 mais elle a dû malheureusement fermer ses portes à cause du covid 19. 

Copyright Sabine Flaba